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Sac à dos rond en toile de gomme, ongles polis au sucre, âcre acerement du prédateur accroupi, Terade aime.
Il aime le sang.
Il aime le sang comme Guem, sa petite soeur, aime la mangue.
Il aime ce goût de cuivre, sucré-salé, nectar amer de miel, lèvre, goût strié de ficelles, jus de ma viande.
Croquante et décharnée, viande, pulpeuse et charnelle, surface brisable. Terade aime la cisailler, la découper, écarter sa chaire, briser ses fibres, fragiles, filiformes, et presser de ses doigts la gousse chaude.
Terade.
Essuie tes mains humides sur le velours de ton ventre, lèche le duvet sous tes lèvres, regarde autour de toi: c'est le monde et tu es son ombre. Il te crache et tu es l'écho de toutes ses paroles. Tous, ils te regardent. Si tu pleures... tu seras toujours plus loin. Encore plus loin.
"Une chute sans fin dans un puit sans fond... voilà l'enfer."
La claque incessante des tuyeaux internes, arrêtes!
Si tu pleures, le sang dans ta bouche sera l'orage. La cendre. les mains. Douceur. pâle. Jusqu'au bout du...
Mange.
L'ange Terade: Sa main est une sculpture sur fond lugubre... Elle scintille... Elle fait
boum... Boum... Boum...
Vous auriez vu la corde autour de son cou, le couteau dans ses flancs, le débris de l'avortement et la trace du touché!
boum.... Il touche...
Boum... Il touche...
Boum... Il...
meurt!!
Vous auriez vu ses yeux noirs, ses cheveux arrachés et les aiguilles dans son coeur...
boum...
Boum.....
+° .....iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii..... °+
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Vous auriez vu l'ange Eradication... les immenses ailes vitrifiées te perforent les omoplates, elles s'étendent, majestueuses, vers le bleu inaccessible des gens qui sourient, des voies pré-tracées et des esprits qui s'épousent, identiques, grotesques.
Terade, monstre d'innervision: chacun de tes cils est un nerf palpitant, épais et humide. Un clin d'oeil t'éborgne... c'est un trou béant au milieu d'un visage gris, éffacé. Froid.
Une brise... souffle grandiose qui brûle ta peau!...
Griffure... plaie sans fond!...
Craquelure... Morsure explosive!
L'atmosphère se teinte d'aurores éléctrostatiques... Terade, tu aimes peindre le sol en barrant la lumière de tes ailes. A défaut d'être un homme, tu es la barrière, la fin brutale, assassin!... pourquoi?!...
Si tu pleures, tu seras toujours plus loin qu'eux... plus pâle. Un simple rayon de soleil t'effacera de leur monde.
Sois quelqu'un.
Du moment que ce n'est pas toi...
Pas toi!
pas toi!
pas...
toi!
Mange.
Mange, absent.
Mange.
"quand l'orage est fini... nous nous couchons, pour mourir de douceur. Sur des montagnes en cendre... les mains usées jusqu'à la chaire, lentement s'avalent. Tout est pâle, et nous sourions... jusqu'au bout du monde."
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[ (paroles de mad') ]
[ (cit. brigitte fontaine) ]
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